CAMILLE ou l'art de la fiction ( concert au 106 du 24-11-2011)

Publié le par Patrice Vibert

Pour deux soirs de suite, CAMILLE affiche complet au 106. Les gradins sont installés pour ce concert-spectacle car il ne s'agit pas que d'entendre l'ensemble des succès de CAMILLE. Même si la chanteuse sait l'attente du public à ce sujet, elle veut aussi le décontenancer, sans doute ce qu'il attend aussi d'elle.

CAMILLE a sorti un dernier album, Ilo Veyou, assez étonnant, entièrement acoustique, certaines chansons comme « aujourd'hui » qui ouvre l'album, étant même sans instrument. La voix de CAMILLE se suffisant à elle-même. Etonnant aussi par son aspect hétéroclite, passant de titres poétiques, à d'autres plus comiques, certains titres flirtant avec la world music.DSC_0304sig.jpg

Mais CAMILLE est fière de son album, une vraie œuvre, et pour nous le montrer toute la première partie du spectacle est une reprise de celui-ci, en respectant quasiment le même ordre des chansons. Même si cela donnait l'impression de simplement réentendre l'album, c'est que l'essentiel n'était pas là. Il s'agissait là d'une véritable re-création audio-visuelle de l'album. La mise en scène du concert était telle qu'il devient difficile d'écouter à nouveau l'album seul, comme s'il était devenu incomplet.

 

Suivant l'ouverture de l'album éponyme, la première partie du concert débute avec « aujourd'hui ». CAMILLE, seule sur scène, entoure l'ampoule qui sera l'objet phare de sa mise en scène et déclame dans un texte d'une grande poésie la description d'une naissance: le concert peut commencer. Le rideau dressé derrière CAMILLE et ses musiciens servira à projeter leur ombre grâce à cette ampoule, phare qu'il faudra suivre le temps du concert. Si l'hétérogénéité du dernier album de CAMILLE peut agacer, celle-ci se transforme en une variété de paysages que le spectateur est invité à traverser. Il faudra donc passer des douces mélodies de « L'étourderie », « Tout dit » , déclamation surprenante par la capacité de CAMILLE a incarner seule une véritable chorale, jusqu'à « Pleasure » chanson cette fois-ci en anglais et plus rageuse, et « La France », qui aborde l'écologie sur ton humoristique, humour transporté sur la scène en demandant à deux spectateurs de valser sur le rythme volontairement vieillot de cette chanson.

 

Consciente des attendus de son public, Camille revient sur scène pour une seconde partie intitulée « Mes plus grands succès » après un entracte durant lequel elle vient à nouveau vers son public pour un intermède assez ludique, sous forme de distribution de bonbons, quizz sur Rouen et blind-test avec une reprise de Louise Attaque.

Cette décontraction lui permet d'enchaîner les airs connus du public, de « La douleur » qui joue avec le gospel, au mélancolique « Le petit vieux », en passant par le lyrique « Paris ». Camille est capable de s'imposer dans tous registres, osant même demander au public de s'improviser chorale endiablée pour un final des plus légers.

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