Weyes Blood en concert à Rouen au 106 le 4 Avril.

Publié le par Redge La Murmure * Le Blog des Murmurien(nes) *

Ce qu’on remarque tout de suite en écoutant le nouvel album de Weyes Blood, Front Row Seat to Earth, c’est sa proximité. La musique est directe et chaude, elle fait ressentir une intimité désarmante, qui donne une couleur audacieuse et évocatrice à l’émotion produite par l’album. Les paroles ne cherchent pas à embrouiller, mais à agir, révéler, et emmener le public avec elles.

C’est la folk d’un proche avenir. Natalie Mering, l’artiste qui se cache derrière Weyes Blood, chante sublimement sur Front Row. Ce sont ses mots et elle les pense. Entre les subtilités de son souffl e, on sent les textures de sa voix. Son chant est brillamment travaillé, poli par le charme du langage. Meringenveloppe sa chanson d’une couverture harmonique de piano aux multiples arpèges, de guitare acoustique, de cuivres hallucinés, et d’électronique d’un autre monde. Des percussions austères et propulsives nous portent tout au long de l’album.Il y a une beauté californienne surannée dans Front Row. Une tendre sincérité qui évoque l’excellente folk de la côte ouest des années 1970. La nuance se dissimule dans les harmonies douces-amères, le balancement du vibrato. Une énergie est joyeusement libérée au fur et à mesure que la chanson se révèle délicatement, passant de l’intro à l’extrospection.Mais cette beauté est marquée d’une ombre ; un mauvais présage, une aliénation, et l’acceptation du changement. Mering, en collaboration avec le coproducteur Chris Cohen et quelques invités, souligne le contraste entre l’intimité d’un groupe sur scène et les refl ets électriques post-modernes des parasites d’un poste de radio AM. L’expérimental fait naître un scintillement parmi les arrangements succincts et réfl échis.La proximité de ce disque – combien il paraît personnel, seul et franc – dissimule ses envies d’évasion, vers la terre (Earth) de son titre. Mering souhaite, au travers du microcosme du personnel, nous mener jusqu’au macrocosme du transpersonnel. Son témoignage porte un poids terrible (« ... and now you can’t stay, please baby don’t go away ») tout en donnant une universalité aux dimensions étranges de l’identité et des relations.Ce ne sont pas des chansons d’amour ou des chansons de protestation : ce sont des énigmes poignantes, douloureuses, qui célèbrent l’ambiguïté de l’amour. Mering soutient le confl it entre une vie harmonieuse et la dysharmonie du monde. Elle l’éclaire et le mystifi e, le projetant sur la surface de la Terre entière. L’écologie intérieure emmène à l’extérieur, nous reliant à notre obscur héritage de la nature.Présente sur la scène de la musique underground depuis 2006, Natalie Mering a travaillé avec Jackie-OMotherfucker et Ariel Pink, et a sorti quatre albums sous le nom de Weyes Blood. Front Row Seat to Earth est son troisième album pour Mexican Summer

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