A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Publié le par Isa * Le Blog des Murmurien(nes) *

A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Pour ma première chronique sur La Murmure, il convient tout de même de poser certaines bases. Mes bases musicales. J’ai été biberonnée au rock 60’s et 70’s, et à la génération Gainsbourg, Souchon, Bashung…avec une pointe de Rita Mitsouko et Pierre Vassiliu. Aujourd’hui, cette éducation musicale reste ma référence, mais le dub fondamental et l’électro me font quand même bien décoller ! Alors autant vous dire que faire un festival de musique émergente, majoritairement house, ça ne me ressemble pas. Mais l’OVNI Pete the Monkey a su piquer ma curiosité. Je dis l’OVNI car : 5ème édition, Saint-Aubin-sur-Mer, jamais entendu parlé. Réputé pour son ambiance zen, sa taille humaine, son accueil, bref un torrent d’éloges sur le bien-être que procure l’événement (Télérama, Le Monde) … Allons-y et en tant que bénévole s’il vous plait !

A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Premières impressions

Pete est à la hauteur du positionnement qu’il souhaite se donner. Un lieu (ancien terrain de tennis + terrains privés) bien aménagé où on ressent tout de suite cette parenthèse de douceur tant soulignée. Ça sent la crème solaire (et oui, trois jours de beau temps !), le parfum de synthèse et il y a des bulles de savon. Des coins calmes, de repos, tel qu’un hamac géant et collectif, des espaces d’expression créative ressourçants, une mise en valeur par des éléments de déco qui ne dénaturent rien…Pas forcément de fil conducteur dans tout cela, mais pas d’incohérence non plus. Ni de réflexion vraiment poussée mais on sent que rien n’a été laissé au hasard. Il y a de l’organisation et des gens qui assurent derrière tout cela sans aucun doute.

Mais qui sont les organisateurs ?

Mais oui c’est tout de même questionnant… (oui, j’aime bien les adverbes qui n’existent pas… à moins qu’il existe celui-là !). A partir des infos collectées sur le site, j’ai appris que le festival est né d’un voyage en Bolivie. Un des organisateurs tourne une petite vidéo de sensibilisation à la maltraitance des animaux sauvages, en particulier des singes, la poste sur You Tube et fait des millions de vues. Et là… « Coucou, c’est nous les investisseurs ! » « Ça a l’air chouette votre cause, et ça marche, nous on veut bien mettre des sousous dans un projet ». Voilà comment (financièrement) le festival aurait démarré, se développant crescendo pour accueillir cette année 2000 festivaliers. Pete the Monkey est donc, vous l’aurez compris, engagé dans la lutte contre le trafic lucratif d’animaux sauvages.

A y regarder de plus près, je constate que les moyens sont là. La déco est donc au top, de nombreux stands et chapiteaux, une scène digne de ce nom, le tout alimenté par cinq groupes électrogènes, une quarantaine de concerts sur 3 jours…Le budget doit quand même être conséquent ! Autofinancé me dit-on. Et à base de négo avec les partenaires. Ce qui pourrait expliquer le prix du pass 3 jours à 69€… Et oui, ne vient pas à Pete the Monkey qui veut !

Mais qui est le public !?

Les organisateurs sont franco-anglais et liés à Paris par leurs activités professionnelles. Le public est donc anglais, parisien…peu de locaux j’ai l’impression. Difficile de s’en assurer en interrogeant seulement quelques festivaliers…C’est le bouche à oreille qui les a fait venir, plutôt pour l’ambiance que pour la programmation musicale. De tous âges. D’une catégorie socio-pro plus, c’est évident. Une volonté des organisateurs ?

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Après les runs, les rythmes…

A Pete the Monkey, j’étais runneuse. J’emmenais les musiciens d’un point à un autre : festival, lieux d’hébergements, gare… L’accueil bénévole était idéal, pas de galères, je savais quoi faire, quand et comment. Moi qui suis plutôt indépendante et qui aime pouvoir me débrouiller toute seule, parfait ! Des discussions sympas avec les groupes en prime (parisiens majoritairement), de la bonne humeur… Je conseille ce poste ! Entre mes « shifts » composés de « runs » donc, je rentre dans le vif du sujet ! Mon premier concert fut « Rendez-vous ». Un mélange entre Kavinsky et Metronomy, des voix tantôt rap tantôt Ramnstein… Sans plus. Je découvre aussi la scène principale. Sans vouloir rentrer dans la technique (je laisse ces appréciations à mes collègues masculins pour leurs propres chroniques^^), je trouve le son trop fort (mais naaaann, t’as pas compris, ça s’écoute fort ça hein^^ !) et les lights à désirer (oui j’aime bien les raccourcis de phrases aussi…). Je constate aussi au fil du festival des balances faites juste avant le début du concert, ce qui entraîne des retards, et du matos, des fils, des trucs divers servant aux bâtisseurs qui auraient pu être rangés ou masqués (un backline amphi en plein air par exemple).

A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Je m’arrête à l’espace projection. Un grand écran, des souches d’arbre, un casque audio. L’histoire d’un violoniste perdu dans une gare d’un autre temps, mélange de croquis et de vraies images avec de vrais gens, de Kafka et de Burton…Une métaphore sur le temps, entre autres de Joanna Kozuch. Je reste un peu, et apprécie un film d’animation avec des animaux d’une jungle préhistorique mais aussi fictive, plutôt une satire sur les relations humaines (production « Tout va bien »). Bien sympa.

A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Direction l’amphi pour « Cosmo Sonic ». Lustres décorés, lumières travaillées, pour un night club version théâtre. Belle voix mais je n’accroche pas, à part sur les combis des deux Djs dont le nylon se marie parfaitement bien avec les lumières bleues balancées sur les arbres… Après une discussion philosophique avec un festivalier (vous connaissez l’histoire du colibri ?), je reviens devant le main stage pour « Bagarre ». Au niveau de la voix (en français), ça ressemble à Mustang ou à Feu! Chatterton. Beaucoup de boum boum, des riffs parfois agressifs, parfois ragga. J’aime bien. Ma méconnaissance de ce style rend mes critiques un peu creuses mais je reconnais quelques subtilités dans les mélodies. Je danse même !

Mon coup de cœur ira au groupe « Jungle by night » et ses cuivres et percus endiablés ! Sorte de Raoul Petite moderne et étranger, la dizaine de musiciens a enflammé le dancefloor avec des rythmes ensoleillés et des choré graphiques et déguisées !

A Saint-Aubin, les singes sont musiciens ou ma découverte du Pete the Monkey festival

Ravie de t’avoir rencontré Pete !

Au final, mes runs ne m’auront pas permis de vivre à 100% la vie d’un festivalier de Pete the Monkey. Je n’ai pas pu voir tous les concerts qui m'avaient été conseillés, ni pu tester toutes les animations proposées, telles que les expériences multisensorielles de Cook that sound, le théâtre d’impro de Conversations with strangers ou les initiations au Qi Qong et au yoga… Côté restauration idem, le choix était vaste entre plats vietnamiens, italiens, normands...à base de Food Trucks. Mention spéciale tout de même au Houmous bar où j’ai pu déguster une assiette joliment composée d’un houmous au pesto, quinoa et légumes grillés, ainsi qu’une part de gâteau à la banane, un régal ! Bémol par contre aux bars, où les bières (dont je n’ai toujours pas compris la provenance) et le cidre (pas de vin) n’envoyaient vraiment pas du rêve… Quant au jus de pomme, il était carrément mauvais.

Pour conclure, j’ai le sentiment d’avoir été immergée dans un univers certes inconnu, mais qui concerne un vrai public. Qui existe et qui plait. Qui correspond sans soute à une génération et à ses attentes. Très actuel. C’était donc moi l’OVNI !? Non, je crois qu’il faut de tout pour faire un monde, et que c’est plutôt chouette de voir se tenir un festival atypique, alternatif, original dans ce village de la Côte d’Albâtre. Alors, amateurs de musique électro, ça vaut le coup d’économiser un peu pour l’année prochaine… A moins que les organisateurs souhaitent un peu plus ouvrir leur jungle aux monkeys à revenus plus modestes !

Un grand merci !

A toute l’équipe Pete the Monkey, aux responsables bénévoles, au staff catering, loges et backstages, Paul, Cat (désolée pour l’orthographe), Diane, Raphaël (sécu entrée artistes), Estelle, copine de bénévolat, et aux groupes Pain Surprises et Jacques pour la session a cappella de « Femme libérée » à 5h du mat’ dans le van… !

[En aparté

En tant qu’organisatrice de festival également, je tiens à ce que mes lecteurs sachent qu’il faut rester conscient que, malgré tous les efforts du monde pour maîtriser son événement, les imprévus et les galères de dernières minutes restent incontournables. Non seulement les quelques côtés négatifs évoqués ci-dessus ne sont pas forcément inconnus et ignorés des organisateurs (en tout cas, ce n’est pas si simple que cela), mais en plus ils n’entachent vraiment en rien le boulot monstrueux fait en amont. Loin de moi l’idée donc, de critiquer gratuitement ou de montrer du doigt certains points, j’essaie juste de rapporter « concrètement » ce que j’ai pu voir ou expérimenter sans tout remettre systématiquement en perspective…et puis si tout allait bien, on s’ennuierait non ? ;) ]

A bientôt, Isa

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